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Septième coup d'Etat militaire en trois ans en Afrique de
l'Ouest et centrale
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Toute intervention militaire sera considérée comme une
déclaration de guerre, disent Mali et Burkina Faso
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La France nie avoir recouru à la force létale devant son
ambassade
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Macron en contact avec les dirigeants de la région-Elysée
par Boureima Balima et Abdel-Kader Mazou
NIAMEY, 1er août (Reuters) - La junte militaire qui a
pris le pouvoir la semaine dernière au Niger a arrêté lundi des
politiciens issus du gouvernement renversé, tandis que les
juntes de pays voisins lui ont apporté son soutien, marquant un
contraste avec les nombreux appels internationaux en faveur d'un
retour à l'ordre démocratique.
En renversant le président Mohamed Bazoum, l'armée
nigérienne déclenché une onde de choc à travers l'Afrique de
l'Ouest, provoquant des tensions avec les alliés occidentaux de
Niamey et plaçant ceux-ci en opposition avec la Russie et
certains pays de la région.
L'agitation politique s'est aussi propagée au secteur
financier, alors que des sources ont affirmé que la banque
centrale régionale a annulé une émission d'obligations de 30
milliards de francs CFA (environ 45 millions d'euros) par le
Niger prévue lundi sur le marché ouest-africain de la dette.
Cette décision est intervenue après la mise en place de
sanctions de la part de l'Union africaine, de l'Union européenne
et d'autres puissances qui ont condamné le coup d'Etat contre
Mohamed Bazoum, élu démocratiquement.
Alors que les dirigeants de la Communauté économique des
Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont imposé dimanche des
sanctions au Niger et fixé un ultimatum aux putschistes, les
dirigeants militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et en
Guinée ont exprimé leur soutien à la junte nigérienne.
Dans un communiqué conjoint lu à la télévision publique
des deux pays, le Mali et le Burkina Faso ont prévenu que "toute
intervention militaire au Niger sera considérée comme une
déclaration de guerre" à leur encontre.
La junte nigérienne a par ailleurs affirmé lundi que le
gouvernement renversé avait autorisé la France à conduire des
frappes sur le palais présidentiel pour tenter de libérer
Mohamed Bazoum. Des responsables militaires ont aussi accusé
Paris d'avoir recouru à la force létale pour disperser dimanche
des manifestants devant son ambassade à Niamey.
"DÉSTABILISATION RUSSO-AFRICAINE", SELON PARIS
S'exprimant à la télévision publique, le colonel Amadou
Abdramane, l'un des officiers ayant mené le putsch, a déclaré
sans apporter de preuve que l'autorisation de mener une
opération contre le palais présidentiel a été signée par le
ministre des Affaires étrangères, Hassoumi Massoudou, agissant
en tant que Premier ministre par intérim.
"Contrairement à ce qu'affirment certains responsables
militaires nigériens, aucun moyen létal n'a été utilisé par les
forces de sécurité françaises", ont dit dans un communiqué
conjoint le ministère français des Affaires étrangères et le
ministère français des Armées, dénonçant une attaque contre
l'ambassade "par des groupes visiblement préparés".
Par la suite, dans un entretien à BFM TV, la ministre
française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a démenti
"formellement" les accusations concernant une intervention
militaire française à Niamey.
"Ce qu'on a vu (dimanche), c'est une manifestation
organisée, violente, extrêmement dangereuse avec des cocktails
Molotov, des drapeaux russes qui sont apparus, des slogans
anti-français copiés-collés de ce qu'on peut voir ailleurs, donc
tous les ingrédients habituels de la déstabilisation
russo-africaine", a-t-elle dit, appelant au "retour de l'ordre
constitutionnel" au Niger.
Le Quai d'Orsay a fait savoir dans une déclaration à
Reuters que la France n'avait pas "d'autre objectif" que la
sécurité de ses ressortissants dans le pays, une priorité de
nouveau soulignée aussi par Emmanuel Macron.
Le président français suit "activement la situation", a
indiqué l'Elysée, ajoutant qu'il a échangé à "plusieurs
reprises" avec Mohamed Bazoum et Mahamadou Issoufou ainsi
qu'avec les dirigeants de la Cédéao.
D'après le Parti nigérien pour la démocratie et le
socialisme (PNDS-Tarayya), la junte a arrêté lundi les ministres
des Mines, de l'Intérieur, du Transport ainsi qu'un député.
Le dirigeant de l'ancien parti au pouvoir et ministre du
Pétrole, Mahamane Sani Mahamadou, qui est aussi le fils de
l'ancien président Mahamadou Issoufou, a également été arrêté, a
ajouté le PNDS-Tarayya.
Ces arrestations viennent confirmer la nature
"répressive et dictatoriale" du coup d'Etat, a indiqué dans un
communiqué le parti, qui a demandé aux citoyens nigériens de se
rassembler pour protéger la démocratie.
LE KREMLIN FAIT PART DE SON INQUIÉTUDE
Le président tchadien Mahamat Idriss Deby s'est rendu au
Niger au cours du week-end pour une tentative de médiation avec
la junte nigérienne. Tôt lundi, il a posté de premières images
de Mohamed Bazoum depuis le coup d'Etat, où le président déchu,
reclus depuis jeudi dans le palais présidentiel, apparaît
souriant et apparemment indemne.
Mahamat Idriss Deby a dit avoir rencontré Mohamed Bazoum
et le général Abdourahamane Tiani, qui mène la junte nigérienne,
"dans une approche fraternelle qui vise à explorer toutes les
pistes afin de trouver une issue pacifique à la crise".
L'UE, la France et d'autres pays affirment toujours
reconnaître Mohamed Bazoum comme le président légitime du Niger.
L'Allemagne a dit lundi ne pas prévoir pour l'heure
l'évacuation de ses ressortissants et soldats présents au Niger,
selon un porte-parole du ministère de la Défense et des Affaires
étrangères.
De son côté, la Russie a exprimé son inquiétude
concernant la situation au Niger alors même que le chef du
groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, qui
détient des intérêts importants en Afrique, a salué le coup
d'Etat.
"Nous sommes favorables au rétablissement rapide de
l'État de droit dans le pays, nous sommes favorables à la
retenue de toutes les parties afin d'éviter les pertes
humaines", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Dans un message diffusé la semaine dernière sur les
réseaux sociaux, Evguéni Prigojine a offert les services de
Wagner à la junte militaire qui a pris le pouvoir à Niamey.
(Reportage Boureima Balima, Abdel-Kader Mazou; avec Anait
Miridzhanian, Bate Felix, Fadimata Kontao, Thiam Ndiaga; version
française Blandine Hénault et Zhifan Liu, édité par Tangi Salaün
et Jean Terzian)
Niger-La junte arrête plusieurs ministres, Mali et Burkina la soutiennent
information fournie par Reuters 01/08/2023 à 00:17
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